[Scenete]Encheres pour tous !

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[Scenete]Encheres pour tous !

Messagepar Lyrion » 10 Avr 11 à 12:22

Voici une petite scènete écrite il y a quelques temps ! Je mettrais plus tard des extraits de ma pièce ;)


Enchères pour tous !


Quatre chaises posées les unes à cotés des autres. Un bureau posé en face où quelque chose est caché sous un drap, comme s’il y avait une cloche de verre à l’intérieur. Une personne, en smoking, un marteau dans la main pénètre dans la salle et attend. Soudain, une vieille dame habillée de fourrure, un caniche dans la main entre.

Commissaire-priseur : Oh ! Milady ! Vous voilà.
Milady : Oui, Mr Redford. Mon mari ne pouvait pas se déplacer. Vous comprenez, il est en affaire à Londres pour négocier une grosse affaire.
Commissaire-priseur : Oh ! Je comprends !
Milady : Oui je me sens seule en ce moment. Mais dîtes-moi, vous pourriez peut-être venir me rendre une petite visite…
Commissaire-priseur : (changeant de sujet) Je vous ai gardé votre place favorite. (Il lui prend la main et la fait assoir) Vous pouvez vous assoir ici.
Commissaire-priseur : Toujours aussi aimable, mon cher.

La star pénètre sur le plateau. On voit des flashes sortir des coulisses. Elle prend la pose devant eux puis avance un peu. Le Comissaire-priseur va à sa rencontre.

Commissaire-priseur : Mademoiselle, vous voilà. Votre présence met un peu de fraicheur dans notre salle.
Star : Oui, je vois cela. (Regarde la vieille dame) La date de fraicheur a sûrement même était dépassée. (La Milady fait une mine outrée) Mais savez-vous, je suis en plein tournage de trois films dont deux pornographiques.Ne me parlez donc pas fraicheur, cela me donne envie de réchauffer l’atmosphère.
Commissaire-priseur : (la reluquant) Oui, oui. Je vous comprends. Euh…
Star : Puis-je avoir ma place, beau gosse ?
Commissaire-priseur : (se reprenant) Tout de suite, Madame !
Star : (sensuellement) Damoiselle ! Ne pas oublier !

Il hoche la tête et lui montre sa place. Le colonel entre dans la salle. On entend des tambours. Il entre au garde-à-vous, en uniforme. Le commissaire-priseur s’approche et lui fait un salut militaire.

Colonel : Colonel, gradé par l’état et envoyé en mission pour représenter le pays à cette mise aux enchères.

Il reste droit.

Commissaire-priseur : Rompez, soldat.
Colonel : Merci, Soldat. Pouvez-vous me donner ma position durant cette mission ?
Commissaire-priseur : Ici.

Il le conduit à sa place et le colonel s’assoit. Le journaliste entre, dans un imperméable marron et un chapeau, bloc-notes à la main.

Commissaire-priseur : Et vous êtes ?
Journaliste : Je suis le reporter envoyé par le Globe, je couvre l’évènement.
Commissaire-priseur : Oh ! Mais bien sûr ! Suis-je bête ! Je vous avais réservé une place. Suivez-moi.

Il le conduit. Le reporter salue les personnes déjà présentes en retirant son chapeau. Un homme entre. Il porte des vêtements classiques contrairement aux autres. Le commissaire-priseur va à sa rencontre.

Commissaire-priseur : (avec dédain) Et vous êtes ?
Auteur : Je suis Jean Divolsseau. Auteur et philosophe à mes temps perdus.

Tous les autres personnages se retournent.

Milady : Un auteur ? Ici ?
Journaliste : Quelle honte !
Star : C’est mauvais pour mon image ça.
Commissaire-priseur : Calmez-vous, mes chers amis. Il n’a pas de cartons d’invitation. Je ne lui en ai pas envoyé. (À l’auteur) Vous avez bien entendu, monsieur Divolsseau ou l’auteur. Partez ou j’appelle la sécurité !
Divolsseau : Mais bien sûr que j’en ai un (sort un carton de sa poche) Tenez, signé de votre main.
Commissaire-priseur : Mais où vous l’êtes vous procuré ? Je sais très bien que je ne vous ai pas envoyé d’invitation.
Divolsseau : C’est le dramaturge de cette pièce qui l’a donné. Un chic type. Vous le connaissez, n’est-ce pas ?
Commissaire-priseur : (repartant l’air outré) Soit !

Divolsseau s’avance au niveau des autres personnages. Le commissaire-priseur prend une chaise et la pose violemment devant Divolsseau.

Divolsseau : (En s’asseyant) Messieurs, dames.

Personne ne lui répond. Le commissaire-priseur tape de son marteau sur la table.

Commissaire-priseur : Chers amis, enfin presque, nous avons aujourd’hui le plaisir de nous réunir pour la mise aux enchères d’un des objets les plus en prise aujourd’hui dans le monde. Tout le monde en possède mais rarement d’une aussi bonne qualité. C’est pourquoi celle-ci pourra s’ajouter à votre collection. (Il dévoile le drap. Sous la cloche de verre se trouve une bille noire). Voici la plus admirable bille de connerie jamais extraite, issue du corps de la personne la plus conne du monde. Pour le bien de sa personne, son identité restera secrète mais je pense que vous avez tous deviné de qui il s’agissait.
Colonel : Evidemment.
Commissaire-priseur : Très bien la mise à prix est à 10000 dollars.
Star : 20000 !
Commissaire-priseur : 20000 à ma droite qui dit mieux.
Colonel : 30000 !
Commissaire-priseur : 30000 pour le colonel.
Milady : 50000, mon cher !
Commissaire-priseur : 50000 pour la Milady.
Divolsseau : (se lève) Pouvez-vous m’expliquez ce vous faîtes ?
Commissaire-priseur : Monsieur, rasseyez-vous et n’interrompez pas la séance, s’il vous plait.
Divolsseau : Non mais je rêve là ! Êtes-vous conscient de ce que vous êtes en de faire ?
Milady : Mais, bien sûr ! Que croyez-vous ?
Divolsseau : Non, mais vous êtes en train d’acheter de la bêtise, de la débilité !
Colonel : Jeune homme, nous savons ce pourquoi nous sommes venu, donc s’il vous plait, laissez-nous terminer notre vente.
Divolsseau : Où est-ce que je suis tombé ? De la connerie, ça ne s’achète pas, enfin… peut-être que oui selon les dires de ce monsieur mais pourquoi acheter quelque chose qui vous rendrait plus idiot que d’habitude ?
Journaliste : Oh ! Vous gâchez mon scoop. Taisez-vous un peu.
Milady : Mais enfin jeune homme, c’est la connerie qui dirige ce monde. Elle est le pouvoir qui dirige notre planète et ce pouvoir, nous le voulons !
Colonel : Nous sommes tous nés avec un certain degré de connerie mais vous observerez que ce sont les plus cons qui arrivent au pouvoir.
Star : Moi, j’en ai réellement besoin pour ma carrière. Je refuse souvent trop de films parce que je les trouve trop nuls mais avec de la connerie, je les trouverai si géniaux que je pourrais enfin vivre de mon métier.
Milady : Mon mari et moi n’avons qu’une seule maison, un petit personnel pour le strict nécessaire. Avec un peu plus de connerie, nous pourrions en acheter plusieurs, faire plus de folies, voyager et de ce fait être connus du monde entier pour nos extravagances.
Commissaire-priseur : Et si nous reprenions ? Mon temps est précieux vous savez. Nous en étions à 50000 pour la Milady.
Journaliste : 50010 !
Divolsseau : Vous aussi maintenant !
Journaliste : Eh bien…En y repensant, avec plus de connerie, je pourrais peut-être avoir la force de me lancer dans le journal people, bien plus payé que les minables petits articles que je fais en ce moment.
Divolsseau : Mais c’est insensé !
Journaliste : Peut-être mais c’est ce que les gens veulent, Mr Divolsseau. Les gens aiment la connerie. C’est pour ça qu’ils lisent ce genre de lecture.
Divolsseau : (Au colonel) Mais vous, vous avez de quelqu’un de haut-gradé, qui en a surement bavé pour en venir là. Pourquoi venir acheter cet objet idiot ?
Colonel : Je suis ici en mission officielle pour le président de la République mais chut… Cela est top secret.
Divolsseau : Je comprends. Le président veut mettre cet objet de malheur en lieu sûr.
Colonel : Non, il veut l’obtenir pour lui-même.
Divolsseau : Mais pourquoi donc ?
Colonel : Avez-vous déjà vu un président qui ne soit pas con ?
Commissaire-priseur : (tape du marteau) Trêve de bavardage ! Je suis pressé et si ça continue je remballe l’objet. (Les autres rouspètent) Très bien ! Nous disions donc 50010 dollars pour Mr le Journaliste.
Colonel : Dix Millions !
Tous : Oooohhhhhh.
Divolsseau : Je suis désolé mais ma mission de philosophe m’interdit de vous laisser faire. N’achetez pas un objet aussi inutile et qui ne fera que plonger le monde dans plus de médiocrité. Le monde peut vivre sans connerie !

Tous rient.

Divolsseau : Mais enfin, oui. Le monde peut vivre et braver la situation actuelle !

Tous continuent de rire.

Star : Et comment veux-tu qu’ils fassent mon chou ?
Divolsseau : Par la connaissance. Il faut apporter la connaissance au peuple pour qu’il puisse s’instruire. Vous n’imaginez pas le pouvoir que peut avoir un livre. Si les hommes se remettaient à lire, ils pourraient retrouver ce que possédait les hommes il y a de cela quelques siècles.

Tous se moquent de lui.

Divolsseau : Il suffirait d’un livre pour amener le goût et l’enseignement de la connaissance. Vous n’imaginez pas ce dont un bloc de feuilles tachetées d’encre relié par quelques agrafes est capable de faire
Milady : Ce que vous ne comprenez pas, mon cher, c’est que les hommes aiment vivre de leur connerie et que cela ne changera jamais. La connerie est un masque qu’ils prennent pour se cacher de la réalité, et la voir dans le visage de l’autre est ce qui permet de les préserver dans leur misérable existence. Main tenant, laissez-nous achever ce pourquoi nous sommes venu. 20 Millions !
Commissaire-priseur : 20 Millions pour la Milady !
Colonel : 100 Millions !
Commissaire-priseur : 100 pour le colonel. 100 une fois, 100 deux fois. Adjugé au colonel pour la somme de 100 millions.

Le colonel sert la main du commissaire-priseur. Tous applaudissent sauf l’auteur. Ensuite, ils sortent tous sauf Divolsseau et le commissaire-priseur. Le journaliste quelques questions au colonel en sortant. Divolsseau reste sur sa chaise. Le commissaire-priseur s’approche de Divolsseau.

Commissaire-priseur : (Gentiment) Ne vous en faîtes pas pour si peu.
Divolsseau : Pour si peu. Je viens de me rendre compte que l’Humanité est perdue dans sa connerie à jamais. Vous devriez vous pendre après avoir vendu une telle chose.
Commissaire-priseur : Qu’est ce qui vous fait croire qu’elle est vraie ?
Divolsseau : Comment ? Elle était fausse ? (Il hoche la tête) Mais pourquoi prétendre le contraire à ces personnes ?
Commissaire-priseur : Vous savez je fais un métier difficile. Comment ferais-je si je ne pouvais pas profiter de la connerie des autres ?

Fin
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Re: [Scenete]Encheres pour tous !

Messagepar Schnak » 10 Avr 11 à 14:11

J'aime beaucoup !

Au début, j'ai eu un peu peur en fait, les personnages et tout ça.
Mais, au moment de l'arrivé de Divolsseau jusqu'à la fin, c'est vraiment excellent. Plein de petites blagues et tout ça, la pièce est vraiment drôle, elle est vraiment réussie je trouve.

Donc, mis à part le début, c'est vraiment excellent, j'aime beaucoup (h5)
Schnak
 

Re: [Scenete]Encheres pour tous !

Messagepar Lyrion » 10 Avr 11 à 14:29

Le débit c'est vrai peut sembler un peu lourd, mais il est nécessaire pour introduire la personnalité des personnages pour comprendre leur vrai motivation ^^
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Re: [Scenete]Encheres pour tous !

Messagepar Kupo? » 10 Avr 11 à 18:40

Très bonne saynète, la chute est tout juste à point, j'aime beaucoup !

Il n'y a pas de problèmes dans l'écriture, mis à part quelques erreurs d'innatentions je crois :
"Commissaire-priseur : (changeant de sujet) Je vous ai gardé votre place favorite. (Il lui prend la main et la fait assoir) Vous pouvez vous assoir ici.
Commissaire-priseur Milady : Toujours aussi aimable, mon cher."

"Le journaliste quelques questions au colonel en sortant." => Il manque le verbe "poser" ou dans le genre, non ?

Sinon, juste une répétition que je trouve un peu lourde, mais que tu peux parfaitement laisser, c'est toi qui choisis :
"Tous applaudissent sauf l’auteur. Ensuite, ils sortent tous sauf Divolsseau et le commissaire-priseur."

Enfin, sinon saynète vraiment bien réussie, bonne satire, et excellente chute ('.')
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"Mogou dis nous tout ('.')"

PsychoKefka a écrit:ps : si tu me sors qu'il est complexe parceque Linoa = Ultimécia, je t'arrache le pompon. ('.') :kefka:
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Re: [Scenete]Encheres pour tous !

Messagepar Lyrion » 11 Avr 11 à 10:30

Kupo? a écrit:Très bonne saynète, la chute est tout juste à point, j'aime beaucoup !

Il n'y a pas de problèmes dans l'écriture, mis à part quelques erreurs d'innatentions je crois :
"Commissaire-priseur : (changeant de sujet) Je vous ai gardé votre place favorite. (Il lui prend la main et la fait assoir) Vous pouvez vous assoir ici.
Commissaire-priseur Milady : Toujours aussi aimable, mon cher."

"Le journaliste quelques questions au colonel en sortant." => Il manque le verbe "poser" ou dans le genre, non ?

Sinon, juste une répétition que je trouve un peu lourde, mais que tu peux parfaitement laisser, c'est toi qui choisis :
"Tous applaudissent sauf l’auteur. Ensuite, ils sortent tous sauf Divolsseau et le commissaire-priseur."

Enfin, sinon saynète vraiment bien réussie, bonne satire, et excellente chute ('.')


Merci beaucoup pour ces conseils ! J'avoue l'avoir écrit il y a longtemps et n'y avait pas touché depuis quelques temps ^^ ! Je vais corriger tout cela ;)
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Re: [Scenete]Encheres pour tous !

Messagepar Kupo? » 11 Avr 11 à 15:33

Je t'en prie, les erreurs inattention arrivent à tout le monde ;)
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PsychoKefka a écrit:ps : si tu me sors qu'il est complexe parceque Linoa = Ultimécia, je t'arrache le pompon. ('.') :kefka:
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